Mathilde Riffaud vous présente la Gestalt-thérapie
Dans cette vidéo, Mathilde Riffaud, gestalt-thérapeute à Lyon, explique ce qui distingue la Gestalt-thérapie d’une thérapie classique : là où l’on cherche souvent « pourquoi » on souffre, la Gestalt s’intéresse au « comment », comment je fonctionne, ici et maintenant, dans ma relation aux autres. Elle décrit son rôle de thérapeute impliquée, présente dans la relation, pour aider chacun à retrouver ses propres ressources.
La Gestalt-thérapie : reprendre contact avec soi-même
Inventée par Fritz Perls, la Gestalt-thérapie est l’une des psychothérapies humanistes les plus répandues. Elle aide à développer une vision globale de soi pour mieux comprendre comment on fonctionne, dans sa vie et dans sa relation aux autres. À Lyon, Mathilde Riffaud vous accompagne en thérapie individuelle, de couple et familiale.
Qu’est-ce que la Gestalt-thérapie ?
La Gestalt-thérapie est une approche psychothérapeutique qui appartient au courant humaniste. Plutôt que de chercher uniquement pourquoi l’on souffre, elle s’intéresse au comment : comment je fonctionne, ici et maintenant, dans ma manière d’être en relation. Son objectif est de reprendre contact avec soi-même, d’accueillir ses émotions et d’expérimenter de nouvelles façons d’agir.
Elle se pratique dans des contextes variés — thérapie individuelle, de couple, en famille ou en groupe — et s’adresse aussi bien à celles et ceux qui traversent une difficulté qu’à celles et ceux qui souhaitent mieux se connaître.
La méthode gestaltiste : une vision globale de soi
« Le tout est supérieur à l’ensemble des parties. » Cette phrase devenue célèbre résume l’esprit de toutes les thérapies dites holistiques (du grec holos, « le tout »), dont la Gestalt fait partie. Son principe : si l’on néglige un seul élément de sa vie, de son comportement, de son passé, de son psychisme ou de son corps, on ne peut atteindre pleinement le mieux-être.
Pour y parvenir, il s’agit de découvrir sa propre unité, sa structure interne, et d’avoir une vision d’ensemble de soi. C’est ce que Fritz Perls a résumé par le mot « Gestalt », du verbe allemand gestalten : « mettre en forme, donner une structure signifiante ». Chaque élément travaillé — par exemple la façon dont on s’exprime face à autrui — est ainsi replacé dans son contexte global et mis en relation avec les autres aspects de la personnalité.
La Gestalt appartient à la famille des thérapies psychocorporelles, mais elle recourt souvent au jeu et à la mise en scène des difficultés. Cet aspect vivant permet de comprendre l’origine de nos blocages et d’expérimenter des pistes de solutions nouvelles.
Fritz Perls et l’histoire de la Gestalt
Fils d’un négociant du quartier juif de Berlin, Friedrich Perls (dit Fritz) est déjà docteur en médecine lorsqu’il entame sa première psychanalyse — il en suivra trois autres, dont la dernière avec Wilhelm Reich, précurseur de la bioénergie. Fuyant l’Allemagne nazie, il s’installe d’abord en Afrique du Sud. En 1942, devenu psychanalyste reconnu, il publie un premier ouvrage qui révise les théories de Freud et amorce sa rupture avec la communauté psychanalytique.
Pour rester en accord avec lui-même, il abandonne sa clientèle et émigre aux États-Unis en 1946. Il y mène une vie de bohème, fréquentant les intellectuels de la nouvelle vague. Peu enclin aux conventions, il exprime toujours spontanément ce qu’il ressent : il expérimente ainsi, sur lui-même, l’expression directe, l’une des clés de sa méthode.
En 1951, il publie Gestalt Therapy. C’est d’abord un échec, mais il persévère et enseigne sa méthode à travers le pays. La Gestalt reste confidentielle jusqu’en 1968, année où le magazine Life met Perls en couverture. Le public afflue alors à ses stages et la Gestalt-thérapie sort de l’ombre. Perls réalise son rêve : fonder, sur l’île de Vancouver, un lieu où l’on peut « vivre la Gestalt 24 heures sur 24 ». Il meurt deux ans plus tard.
Comment se déroule une séance de Gestalt-thérapie ?
Le gestalt-thérapeute est actif et impliqué, mais jamais directif. Il recourt à diverses techniques, verbales ou non. On parle d’implication contrôlée : le thérapeute partage délibérément une partie de son ressenti pour aider la personne à explorer sa difficulté. Voici les principaux exercices utilisés.
L’amplification
L’amplification consiste à rendre explicite ce qui est implicite. En prenant conscience de la manière dont on fonctionne dans « l’ici et maintenant », on projette à l’extérieur ce qui se joue à l’intérieur. Le thérapeute repère nos gestes inconscients, ces « lapsus du corps », et invite à les exagérer, car ils révèlent certains aspects de notre fonctionnement.
Le monodrame et la chaise vide
Le monodrame invite à exprimer les différents personnages qui nous habitent. Jouer ces rôles fait ressortir les facettes contradictoires de notre personnalité, celles que l’on se cache ou que l’on projette sur les autres. On peut aussi interpréter les personnes clés de notre vie quotidienne (parent, enfant, conjoint, supérieur). C’est la technique de la « chaise vide », objet symbolique qui donne la parole aux absents.
La mise en action
La mise en action permet de jouer un épisode de vie, réel ou imaginaire, passé, présent ou futur. Le thérapeute repère les « Gestalt inachevées » : ces traces d’événements douloureux du passé qui parasitent la vie actuelle. Les rejouer ne les efface pas, mais permet de les intégrer, de leur donner un sens et de les dépasser.
L’awareness
L’awareness est une prise de conscience globale du flux permanent de nos sensations, idées, désirs et émotions. Être attentif à soi tout au long d’une séance permet de relier des éléments que l’on croit séparés, comme le corps et l’esprit. C’est toute l’importance de la présence, de « l’ici et maintenant », que Perls préférait appeler le « maintenant et comment ».
L’interpellation directe
Principe de base de la Gestalt : ne jamais parler de ou sur quelqu’un, mais lui adresser la parole directement, même s’il est absent. On choisit alors un objet, une personne du groupe ou la chaise vide. Cette adresse directe fait surgir plus rapidement l’émotion sur laquelle il devient possible de travailler.
Indications et contre-indications
Perls disait : « La Gestalt est une méthode trop efficace pour n’être réservée qu’à des malades ! » C’est pourquoi, au-delà de son aspect thérapeutique, elle est souvent présentée comme un art de vivre, voire une philosophie existentielle.
Chaque difficulté de la vie peut y être abordée : de la timidité aux difficultés sexuelles, des problèmes familiaux à la recherche de sens, en passant par le stress, l’anxiété ou les souffrances affectives. Une grande vigilance est toujours observée pour distinguer « mettre en scène » et « passer à l’acte ». Selon votre situation, la Gestalt-thérapie peut vous accompagner face au stress et à l’anxiété, à la dépression, à des émotions difficiles à gérer, à des difficultés relationnelles ou lors des grandes crises de vie.






